Typologie des gens dans le métro : l’enfer c’est les autres

La vie c’est fait de plaisirs simples. Et de gens qui veulent à tout prix vous les gâcher.  

Le mec qui veut à tout prix s’assoir

Très facile à identifier, le mec qui veut à tout prix s’asseoir vendrait femmes et enfants pour un strapontin.      

Et il le fait comprendre : dès son arrivée dans le métro, il prend un air consterné en découvrant une rame pleine à craquer puis à chaque nouvelle station il souffle, rouspète et rôde dans les couloirs en adressant un regard mauvais aux personnes âgées et aux femmes enceintes qui lui piquent la place qu’il convoitait.  

Alors faute de trouver un strapontin, il plane tel un Détraqueur au-dessus des carrés espérant par miracle qu’une place se libère bientôt.  Et le pire c’est qu’à peine avez-vous réussi à vous asseoir que vous sentez déjà son souffle chaud dans votre nuque. Mon conseil : profitez d’un mouvement de foule important pour lui planter votre pass Navigo dans la carotide. Lui qui voulait se reposer, il va faire un gros dodo.  

Le rageux

Difficile d’imaginer ce qui s’est passé dans la vie du rageux pour qu’il fermente un tel seum contre la vie. Cherchez pas, la sienne doit être un peu pourrie et il a décidé de vous le faire payer. 

Quand tout le monde se pousse et se bouscule pour s’engouffrer dans la rame, il peste, enrage et lève les yeux au ciel excédé que des gens aient le culot de prendre le même moyen de transport que lui. Si par malheur, vous piétinez son pied sans faire exprès, inutile de vous excuser. Car plutôt que de vous adresser un sourire poli et dire « C’est pas grave » comme toute personne normalement constituée, le rageux prend un air offusqué et vous gratifie d’un « Tsss » agacé et agaçant.

Vous avez beau vous répéter « allez un peu de compassion, sa vie est nulle il est informaticien, il vit à Charenton, il a une mallette en cuir de vachette » il n’empêche que vous n’avez rien à voir avec tout ça et y’a pas de raison que vous en fassiez les frais. 

Le fou badant

Tel un Ratata dans les hautes herbes, le fou BADANT est partout et presque impossible à esquiver.    

Et c’est pénible : car comme l’indique son nom, le fou badant est très BADANT et sème la gêne partout où il passe forçant les passagers à regarder leurs chaussures d’un air penaud et à monter le volume sur leur téléphone pour tenter d’oublier sa présence. Généralement il fait une entrée fracassante dans la rame, les cheveux en bataille et avec un pantalon qui sent fort l’urine puis prend tout le métro à parti avec une diatribe engagée : 

« ET ça va au théâtre, ça va au cinéma ! Chacun dans son petit confort bourgeois ! Alors qu’on n’a plus de couche d’ozone et qu’on a perdu notre triple A !! MAIS ÇA C’EST LA FAUTE DES SOCIALOS ! D’ailleurs ils se disent socialo mais c’est illuminatis ! « 

Un conseil : attendez que ça passe et évitez de croiser son regard. Car il n’y a rien de plus terrible que d’être pris à parti par le fou badant.

La working girl 

À l’instar du fou badant, la working girl est un grand incontournable des transports en commun.

Et ne vous inquiétez pas, vous la reconnaîtrez facilement : un grand chapeau vissé sur la tête, un café taille large dans les mains, elle marche à 100 à l’heure un kit-main libre greffé à l’oreille pour parler de trucs ultra importants, persuadée que sa vie c’est trop « Le Diable s’habille en Prada ». Alors qu’en fait elle est assistante chef de produit chez Babybel. 

Mais tout ça irait si elle vous épargnait ses conversations au téléphone. Car la working girl parle toujours très fort pour être sûr que personne ne perde une miette de sa conversation :

« Ecoute je t’entends super mal cocotte, je suis dans le métro, je te rappelle ASAP. Non pas tout de suite, j’ai une journée de dingue j’enchaîne rendèv sur rendèv en mode SOUS L’EAU QUOI. Anyway, on se voit ce soir pour l’EVG de Capu ok ?  #workhard #playhard »

Fais nous plaisir, prends un Uber.