J’ai essayé de vivre avec seulement 1200 euros par jour

Comme on me reproche souvent d’être déconnecté de la réalité des Français, j’ai décidé de relever un challenge audacieux à la demande de mes twittos : vivre avec seulement 1200 euros par jour pendant une semaine !

Une sacrée mission dans la mesure où mon rythme de dépenses quotidiennes oscille d’habitude entre 7 000 et 8 000 euros. Mais soucieux de plaire à ma communauté, je me suis dit : “BALEK let’s do it”.

Je vous raconte.

Jour 1

Deux connards

Je me réveille comme chaque matin dans mon penthouse du 16ème arrondissement. Je commence par prendre des forces et m’offre un petit déjeuner copieux à la Tour d’argent pour la modique somme de 700 euros. Quelques tranches de saumon arrosées de champagne plus tard, je réalise qu’il est déjà 11h30, l’heure de mon cours de jet ski !

Mais je n’oublie pas que j’ai un budget à respecter : j’explique à mon prof – un smicard sale mais sympathique – que je ne prendrai que trois heures de cours aujourd’hui. Il n’a pas l’air plus impressionné plus que ça par mon #1200euroadaychallenge mais je mets ça sur le compte de sa pauvreté et de sa bêtise.

Après avoir pris congé de mon professeur, je file à un apéro branché de la Fashion Week prêt à flamber mon argent restant mais… surprise ! La soirée est open bar et l’alcool coule à flots. Je me mets donc une énorme caisse et rentre en Uber pour seulement 20 balles. Je conclue la journée avec un solde restant de 380 euros et suis agréablement surpris par la facilité de ce premier jour. Cela me conforte dans ma conviction que les pauvres ne sont pas seulement sales mais gèrent vraiment mal leur argent.

Jour 2

Je me réveille sur les coups de 15h30 et me souviens aussitôt que j’ai un rencard avec une héritière ce soir au Blue Moon, la boîte la plus guindée de Paris. Comme la plupart des filles avec qui je sors, elle est là pour mon argent et il va me falloir ruser !

Une fois sur place, je demande au serveur de faire apporter des bouteilles de cidre dans des grands bacs à glaçons pour impressionner Svetlana, mon amie russe qui n’y voit que du feu ! Malheureusement le cidre n’est pas suffisant pour lui faire tourner la tête et elle se rend donc compte que je suis quelqu’un de profondément ennuyeux. Et la liste de mes Ferrari préférées la laisse de marbre !

Après m’être fait plantée par Svetlana sur les coups de minuit, j’échoue donc dans un salon de massage de Pigalle où j’essaie de soudoyer les employés de me faire un happy ending en échange de 3000 euros qu’elles finissent par accepter. Malheureusement, je suis vraiment trop bourré au cidre et m’endors sur la table le corps enduit d’huile et mon jean sur les chevilles. Cheh.

Jour 3

 

Je me réveille en grelottant sur un banc les poches vides : sans téléphone, sans portefeuille et sans les clés de mon hélicoptère ! Pire, on m’a pris ma photo dédicacée de Serge Dassault que j’emmène toujours partout sur moi.

Paniqué, j’erre sans but dans la rue en expliquant à tout le monde que je suis bloqué hors de mon penthouse de 2000 mètres carrés ! Malheureusement les gens s’en foutent et pressent le pas pour aller au travail ! Je découvre avec amertume l’égoïsme de mes concitoyens qui refusent d’aider un héritier du CAC 40.

Rapidement, je découvre une sensation étrange dans mon ventre qui m’était alors inconnue jusqu’ici : la faim. Epuisé et affamé, j’échoue sur un banc et regarde le ciel s’assombrir en espérant que Papa ou mes followers Instagram viennent à mon secours. Je finis finalement par trouver le sommeil aux alentours de minuit.

Jour 995

Des années ont passé. J’ai découvert que les gens n’avaient pas envie de m’aider plus que ça et comme je ne me suis jamais déplacé seul dans Paris je n’ai jamais retrouvé mon chemin non plus.

Aujourd’hui, je mène une vie simple dans la rue. Les gens de Pigalle m’ont adopté et me surnomment Fanfan. Les barmens, les prostituées et les danseuses du coin m’apportent parfois à manger et m’offrent même un coup à boire les jours de fête. Je donne aussi des “danses privées” dans les clubs du coin pour quelques dizaines d’euros et au final je m’en sors convenablement.

Je réalise que ça fait bientôt trois ans que je n’ai pas dépensé plus de 1200 euros par jour. Mieux, je me limite à quinze ou vingt euros max en achetant le minimum pour me sustenter. Papa serait fier de moi. Je suis sûr que s’il l’apprenait il me donnerait une autre chance à la tête de sa société. Après tout, il n’a pas fondé le Groupe Arnault en claquant des doigts.

Je vous laisse, y a un client qui me demande pour une danse.