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Interview de Serge, le lapin du métro

Serge, bonjour. Vous êtes connus pour être le célèbre lapin du métro. Comment ça a commencé ?

S : Eh bien, avant cela, j’avais enchaîné les petits boulots. J’étais doublure lumière du lapin Duracell par exemple. Et en mai 1977, la RATP a organisé un grand casting pour trouver sa nouvelle mascotte. Ça s’est joué entre moi et Loïc Tondeuse, un ver solitaire qui portait un short.

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Pourquoi la RATP vous a choisi vous ?

S : Bah, déjà parce que Loïc n’avait pas de mains. Et comme vous le savez, la campagne s’appuyait sur le fait de ne pas mettre ses mains sur les portes, au risque de se faire pincer très fort. Je suis donc devenu l’emblème de la sécurité au sein du métro parisien.

Quel souvenir gardez-vous de cette époque ?

S : Un handicap total de la main gauche. On m’a longtemps appelé “le Jamel Francilien”. On avait pas Photoshop au début des années 80, j’ai du me faire pincer les doigts environ 36 fois pour la photo. Et depuis, je peux même pas ouvrir une porte ou tenir ma propre verge. Heureusement je suis droitier.

“Ne mets pas tes mains sur la porte : tu risques de te faire pincer très fort” est votre campagne la plus connue. Mais peu de gens savent que vous en avez fait énormément d’autres, toujours pour la RATP.


S : Bien-sûr, il y’a eu “ne lèche pas la barre du métro, tu risques d’avoir un herpès très fort”, “ne pousse pas le tourniquet avec tes dents parce que sérieux, tu vas douiller très fort” et plus récemment “ne t’enfonce pas un Pass Navigo dans l’urètre, tu risques de te rompre le frein très fort”.

Mais en 2012 la RATP se sépare de vous…

S : Vous savez, quand on est le symbole de la sécurité pour des millions de parisiens, on prend son job très à coeur. J’ai donc par ma propre initiative enregistré plusieurs slogans pour les utilisateurs du métro. Par exemple “ça sert à rien de pousser tout le monde pour te caler près des portes si tu descends dans trois stations fils de pute”, ou “arrête de parler si fort avec tes connards de potes et ta bouteille de vin dégueulasse petit étudiant de merde” ou encore “arrête de jouer les Amants de Saint-Jean à l’accordéon enfoiré de clodo”.

C’est… très violent comme propos…

S : Oui. Mais je suis d’extrême droite.


Oh.

S : Voilà.

 

Et aujourd’hui où en êtes vous ?

S : La RATP m’a renvoyé pour des propos racistes que j’ai tenus il y’a quelques années. Depuis je suis sans emploi et je survis en vendant des Divx dans les couloirs de Denfert-Rochereau.

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