Nutella : La rupture est-elle consommée ?

REUTERS/Eric Gaillard

Longtemps, il fut le roi de la fête. Pas un goûter d’anniversaire ou un petit déjeuner de vacances sans lui. Il suffisait de l’apercevoir pour qu’un sourire apparaisse au coin de nos lèvres. Mais force est de constater que depuis quelques temps, entre le Nutella et nous, l’histoire n’est plus au beau fixe…

Quand la passion laisse place à la raison…
Au début, ce fut une merveilleuse histoire d’amour. Mais comme dans toute relation amoureuse (ou presque !), la raison a fini par prendre le dessus sur la passion. On ne voyait que le bon côté de cette délicieuse pâte à tartiner, toujours là dans les bons comme dans les mauvais moments, mais avec le temps, ses défauts se sont faits de plus en plus visibles… jusqu’à devenir impardonnables. Car ici, on est loin de la paire de chaussettes qui traîne ou des soirées foot trop fréquentes. Très loin, même.

Si, enfant, on a tendance à mettre tous les aliments dans le même panier (au sens propre comme au figuré), en grandissant, on commence à se poser des questions. Notamment sur la composition du Nutella :  seulement 7.4% de cacao et 13% de noisettes, quand on dénombre 56,3g de sucres, et 30.9g de matières grasses, dont 10.6 d’acides gras saturés, connus pour augmenter les risques de mauvais cholestérol, diabète, hypertension, et donc de problèmes cardiovasculaires. Ultra calorique, et nocif, donc. Le Nutella, un ami qui nous veut du bien ? Voilà qui n’était plus très sûr…

Le scandale de l’huile de palme
Pour couronner le tout c’est notre fibre écolo qui a été mise à mal. En juin 2015, Ségolène Royal lâche une petite bombe sur le plateau du Petit Journal, diffusé à l’époque sur Canal+. « Il faut arrêter de manger du Nutella par exemple parce que c’est de l’huile de palme », déclare celle qui était alors Ministre de l’Ecologie. Et là c’est le drame : une polémique éclate autour de cette huile végétale pourtant appréciée des industriels, car bon marché. Cette dernière serait en effet une des causes principales de la déforestation à l’échelle planétaire, même si Ferrero se vante d’utiliser pour son Nutella une « huile de palme durable », sans pour autant dire d’où elle vient.

Plantatations d’huile de palme dans la province centrale de Kalimantan en Indonésie REUTERS/Crack Palinggi

On avait envie d’y croire, mais selon un rapport de Greenpeace International, ça ne pourrait être qu’un leurre, car « ni les certifications prétendument durables, ni les engagements volontaires unilatéraux des entreprises utilisant de l’huile de palme ne sont suffisants pour stopper la destruction des forêts », et notamment de certaines zones à protéger.

La fin d’un mythe ?
Aujourd’hui, si Ferrero reste le leader mondial de la pâte à tartiner avec 75% de parts de marché, l’entreprise italienne semble perdre du terrain puisque celles-ci étaient encore de 85% en 2013. Il faut dire qu’aujourd’hui, avec près d’une vingtaine d’alternatives, dont certaines plus saines et plus « nourrissantes » que le Nutella, lui tourner le dos n’est plus un problème pour nos papilles.

Malgré tout, certains semblent avoir décidé de lui rester fidèles coûte que coûte. En janvier 2018, une célèbre enseigne avait créé l’émeute en proposant 70% de réduction sur les pots de Nutella. Une chose est sûre, si le mythe est ébranlé, il est encore loin d’effondré…